jeudi 11 octobre 2018

Le dernier Tonton.

A ceux qui nous croyaient morts, mon blog et moi, je dirai ceci : pas complètement ;)
Mais tiens, justement, en parlant de mort, c'est l'heure d'une petite rubrique nécro...

Je ne réagis pas systématiquement à la disparition de chaque figure de notre époque ; pour Aznavour par exemple, j'ai repris 2 fois des moules, comme disait Pierre Desproges.
Mais en voici une qui me touche : celle de l'acteur Venantino Venantini, qui vient de nous quitter.

Non pas que je sois un grand connaisseur de sa carrière. Je l'ai aperçu dans peut-être 2-3 films, guère plus, et me suis alors dit : "tiens, c'est Venantino Venantini". Sa filmographie est pourtant touffue, je vous renvoie à Wikipedia pour plus de détails.
Pour le spectateur lambda que je suis, le rôle emblématique de VV demeure probablement celui de Pascal, le "porte-flingue" des frères Volfoni dans Les Tontons Flingueurs. Et ce seul rôle a suffi à me le rendre sympathique ad vitam.

Chef d'oeuvre incontestable, le film de Georges Lautner occupe une place de choix au pinacle des films cultes français.
Culte, cultissime, jusqu'à l'écoeurement même, il faut bien l'avouer ; comme un phénomène de mode qui - paradoxalement - perdurerait.

Il me semble d'ailleurs qu'il en va de même de Desproges que j'évoquais plus haut. Découvert ou redécouvert sur le tard pour certains, l'humoriste a accédé à une cultitude de bon aloi. Qui de nos jours ne se réclame pas du génial limousin à la plume acérée et à l'humour corrosif ?
Cette idolâtrie tardive a quelque chose d'indigeste, quoique légitime.
L'écoeurement devient franche nausée lorsqu'il est encensé par les fans de Dieudonné, mais ceci est une autre histoire et je referme rageusement cette parenthèse.

Ce culte autour du film, disais-je, s'il est parfaitement justifié, n'en est pas moins indigeste à la longue.
Qui n'a pas croisé (au moins une fois par soirée) un spécialiste auto-proclamé des Tontons, servant à qui veut l'entendre, et de façon plus ou moins approximative, les répliques savoureuses du maître Audiard ?
Ces Raoul du dimanche, avec leurs piètres imitations du "j'disperse, j'ventile", mes les gonflent à force, et c'est eux que j'éparpillerais volontiers "façon puzzle'".
Ne s'improvise pas Raoul Volfoni qui veut.

Et pourtant je dois bien reconnaître que je voue moi aussi le même culte à ce film emblématique, à ses répliques de haute voltige, et à ses inoubliables acteurs.
Ventura, Blanche, Lefèvre et consorts y sont majestueux ; Bernard Blier y est quant à lui impérial de drôlerie et d'inspiration.

Alors forcément, face à de tels monstres, difficile de livrer une prestation aussi marquante. Pourtant, VV s'en sort avec les honneurs, et son personnage de dandy tueur s'intègre parfaitement à l'ensemble, rouage sur mesure d'une mécanique bien huilée.
De toute cette joyeuse équipe, il était le dernier en vie. Le dernier Tonton Flingueur s'est éteint, c'est encore un peu d'une époque qui s'en va.

Une dernière chose .
Il y a un truc que j'ai toujours aimé chez cet homme : son invraisemblable nom.
Venantino Venantini.
C'est comme si son patronyme était le pluriel de son prénom.
Un peu comme si je m'appelais Serge Serges. Ou Serge Agglo Serge Aggli.

Voilà, pas terrible comme éloge funèbre, mais je n'ai pas mieux à proposer.
Veni, vidi, venantini.

dimanche 15 juillet 2018

Rien à foot

Ca fait longtemps que je n'ai pas blogué, et plus encore que je n'ai pas fiellé.
Réparons cela...

La Coupe du Monde...
A l'heure où j'écris ces lignes, la grand' messe footballistique a lieu, occupant tous les esprits, monopolisant tous les regards.
La quiétude de mon jardin où je me prélasse, sirotant un Côteaux du Lyonnais bien frais, est troublée par les clameurs soudaines montant du voisinage.
Un "ouaaaaaiiiiiiis" monstrueux s'élève, coupant la chique aux grillons pourtant déchaînés en cette fin d'après-midi caniculaire. Un cri rauque qui pue la mauvaise bière, l'hystérie collective, et l'abrutissement de masse.

***

Y a un truc que je ne comprends toujours pas, et que je ne comprenais déjà pas en 1998.
Que les fans de foot (paix à leur intellect) soient en transe devant leur téléviseur pour une finale, je peux le concevoir. Même les amateurs occasionnels.
Mais les autres ?
Ceux qui ne s'y intéressent pas ?
Ceux qui s'en foutent, ou disent s'en foutre ?
Ceux même qui parfois conchient, se vantent de détester ?
Ceux-là, hein, que font-ils devant le poste, au lieu de baiser, de jouer à un bon jeu vidéo, de lire, de faire un truc bien ?

"Ah ouais mais quand même, c'est la Coupe du Monde".

Oui ? Et alors ?
S'il y avait un championnat du monde de défécation par les yeux, ce serait une raison pour regarder ?

En 1998, je me réjouissais de l'approche de la Coupe du Monde.
Alors célibataire, j'étais persuadé que pendant que les cons seraient rivés à leur télé, la gueule fardée de tricolore et la canette en main, leurs compagnes délaissées constitueraient une cible de choix pour ma prédation sexuelle.
Que nenni !!!
Ces connes étaient devant la télé elles aussi ! Elles aussi la tronche peinte en bleu-blanc-rouge, elles aussi hystériques au moindre mouvement de ballon, elles aussi acclamant les Zizou et autres stars de l'époque.
Désillusion cruelle !

Ce jour-là, j'ai compris que non, les femmes ne sauveraient pas le monde.

***

On doit être en train de gagner contre la Croatie, je suppose, à en juger par le concert de beuglements qui me vrille les tympans et m'irrite l'intellect.
C'est fou ! Même quand on s'en contrefiche, impossible de rester dans l'ignorance.
Puisque je n'ai d'autre choix que supporter cette liesse populaire aux accents bovins, autant que je vérifie par moi-même. Avec un soupir de lassitude, je saisis mon portable et consulte le 1er site d'infos venu.
Ah c'est bien ça, on a gagné.

Ouais.
Houlala.
On a gagné.
On est les champions.
On est les meilleurs.
Tout ça.

...

Ca y est, comme je le prévoyais, on a maintenant droit à toutes les manifestations bruyantes de la beaufitude qui se réjouit.
Une bagnole passe à toute berzingue, klaxonnant en continu. Un gamin crie d'une voix de fausset : "on a gagné, on a gagné !". Un adulte - le papa probablement - entonne maladroitement le fameux air de Seven Nations Army des White Stripes. Au loin, une vuvuzela de chez Gifi fait entendre son timbre nasillard.

On a gagné, on a gagné.

Bande de crétins, putains de trous du cul de ploucs de merde !
Le seul titre qu'on ait gagné, une fois de plus, c'est celui d'abrutis de compétition. De blaireaux ultimes. De race de gros cons d'humains balourds et débiles.

Ah, Football, c'est bien encore toi le dieu le plus fédérateur !

J'en vomis mon vin blanc.
Dommage, au prix de la bouteille...

mercredi 16 mai 2018

Stair Wars II


Crédit photo (avant détournement) : Sandro Giordano.
Sandro Giordano est un photographe italien qui met en scène des chutes spectaculaires et hilarantes.
Plein de chutes à voir ici.