dimanche 15 juillet 2018

Rien à foot

Ca fait longtemps que je n'ai pas blogué, et plus encore que je n'ai pas fiellé.
Réparons cela...

La Coupe du Monde...
A l'heure où j'écris ces lignes, la grand' messe footballistique a lieu, occupant tous les esprits, monopolisant tous les regards.
La quiétude de mon jardin où je me prélasse, sirotant un Côteaux du Lyonnais bien frais, est troublée par les clameurs soudaines montant du voisinage.
Un "ouaaaaaiiiiiiis" monstrueux s'élève, coupant la chique aux grillons pourtant déchaînés en cette fin d'après-midi caniculaire. Un cri rauque qui pue la mauvaise bière, l'hystérie collective, et l'abrutissement de masse.

***

Y a un truc que je ne comprends toujours pas, et que je ne comprenais déjà pas en 1998.
Que les fans de foot (paix à leur intellect) soient en transe devant leur téléviseur pour une finale, je peux le concevoir. Même les amateurs occasionnels.
Mais les autres ?
Ceux qui ne s'y intéressent pas ?
Ceux qui s'en foutent, ou disent s'en foutre ?
Ceux même qui parfois conchient, se vantent de détester ?
Ceux-là, hein, que font-ils devant le poste, au lieu de baiser, de jouer à un bon jeu vidéo, de lire, de faire un truc bien ?

"Ah ouais mais quand même, c'est la Coupe du Monde".

Oui ? Et alors ?
S'il y avait un championnat du monde de défécation par les yeux, ce serait une raison pour regarder ?

En 1998, je me réjouissais de l'approche de la Coupe du Monde.
Alors célibataire, j'étais persuadé que pendant que les cons seraient rivés à leur télé, la gueule fardée de tricolore et la canette en main, leurs compagnes délaissées constitueraient une cible de choix pour ma prédation sexuelle.
Que nenni !!!
Ces connes étaient devant la télé elles aussi ! Elles aussi la tronche peinte en bleu-blanc-rouge, elles aussi hystériques au moindre mouvement de ballon, elles aussi acclamant les Zizou et autres stars de l'époque.
Désillusion cruelle !

Ce jour-là, j'ai compris que non, les femmes ne sauveraient pas le monde.

***

On doit être en train de gagner contre la Croatie, je suppose, à en juger par le concert de beuglements qui me vrille les tympans et m'irrite l'intellect.
C'est fou ! Même quand on s'en contrefiche, impossible de rester dans l'ignorance.
Puisque je n'ai d'autre choix que supporter cette liesse populaire aux accents bovins, autant que je vérifie par moi-même. Avec un soupir de lassitude, je saisis mon portable et consulte le 1er site d'infos venu.
Ah c'est bien ça, on a gagné.

Ouais.
Houlala.
On a gagné.
On est les champions.
On est les meilleurs.
Tout ça.

...

Ca y est, comme je le prévoyais, on a maintenant droit à toutes les manifestations bruyantes de la beaufitude qui se réjouit.
Une bagnole passe à toute berzingue, klaxonnant en continu. Un gamin crie d'une voix de fausset : "on a gagné, on a gagné !". Un adulte - le papa probablement - entonne maladroitement le fameux air de Seven Nations Army des White Stripes. Au loin, une vuvuzela de chez Gifi fait entendre son timbre nasillard.

On a gagné, on a gagné.

Bande de crétins, putains de trous du cul de ploucs de merde !
Le seul titre qu'on ait gagné, une fois de plus, c'est celui d'abrutis de compétition. De blaireaux ultimes. De race de gros cons d'humains balourds et débiles.

Ah, Football, c'est bien encore toi le dieu le plus fédérateur !

J'en vomis mon vin blanc.
Dommage, au prix de la bouteille...

mercredi 16 mai 2018

Stair Wars II


Crédit photo (avant détournement) : Sandro Giordano.
Sandro Giordano est un photographe italien qui met en scène des chutes spectaculaires et hilarantes.
Plein de chutes à voir ici.

vendredi 4 mai 2018

L'écume, la fange et la gadoue - Partie 2

Précédemment :
Partie 1 (La fange de mes nuits)

II - L'écume des Jours


En cette fin d'année scolaire, Mme Albert, notre prof de français, nous avait donc établi la traditionnelle PAL censée mieux nous endormir sur la plage et nous occasionner des brûlures au second degré.
Cette femme était affublée d'un rictus mi-Joconde mi-Columbo, séquelle d'une ancienne attaque cérébrale ; ce visage figé en une perpétuelle grimace m'avait presqu'autant épouvanté une année durant que les ouvrages qu'elle nous avait fait étudier.
C'est donc avec répugnance que je pris connaissance des tortures littéraires que nous avait concocté cette "Jocundo".